La fumée, ce pansement sur le vide

Illustration de l’article « LA FUMÉE, CE PANSEMENT SUR LE VIDE » d’Élodie Rivero

La cigarette est portée en bouche, pour quelques instants de répit. Pourquoi ce geste si anodin peut-il calmer une part de soi que, jusqu’alors, rien n’avait régulé ?

Ce miracle n’est pas dû qu’aux substances administrées. Insidieusement, c’est l’espace de manque qui est comblé, le temps d’une bouffée.

Ce manque ancien s’est construit dans le creuset d’une affection torturée. Pour maintenir cet équilibre précaire, une part de soi a appris à survivre dans cette dérégulation — bordée par la fumée. Le système de survie perçoit alors une présence dans le centre du cœur. C’est alors que l’enfant en manque se pose. La vigilance permanente et inconsciente se relâche. Ce phénomène de décompression que décrivent tant de fumeurs n’est pas dû uniquement aux substances mais est engendré par le répit.

La blessure, quant à elle, est masquée par un écran de fumée. Lorsqu’il se dissipe — en retirant la cigarette, le vapotage ou la fumette — elle réapparaît à vif, nue et exposée. Rien n’a encore remplacé ce geste qui comblait : c’est là, et non dans un manque de volonté, que l’addiction vient nous cueillir.

Cette part a besoin d’une régulation véritable, à l’aide d’un thérapeute ou par la présence à soi lorsque cela est possible, là où autrefois le vide ne pouvait être apaisé que par un patch extérieur.

Mais surtout, le remède est le lien. Sentir que l’espace du lien en nous peut se réparer : le lien à l’autre, à soi, à l’amour, mais surtout le lien au vivant. Cette reconstruction, nous la rencontrons dans les relations conscientes entre humains.

Le manque ne demande pas d’être couvert. Il demande à être rencontré, en s’asseyant à proximité.

Élodie Rivero — Déclic & des Clés

Constellations familiales et archétypales de l’inconscient

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut